Le président tient une série de réunions avec les ministres de la Justice
En marge de la conférence informelle des ministres de la Justice du Conseil de l’Europe, qui avait lieu le 16 juin 2026 à Strasbourg, le président de la Cour, Mattias Guyomar, a tenu une série de réunions bilatérales avec des ministres de la Justice.
À la Cour, le président, accompagné de Ivana Jelić, vice-présidente et juge élue au titre du Monténégro, et de Marialena Tsirli, greffière, a rencontré Bojan Božović, ministre de la Justice du Monténégro.
En outre, le président, accompagné d’András Jakab, juge élu au titre de l’Autriche, et de la greffière, a rencontré Anna Sporrer, ministre fédérale autrichienne de la Justice.
Le président a également rencontré David van Weel, ministre néerlandais de la Justice et de la Sécurité, en présence de Corinna Wissels, juge élue au titre des Pays-Bas, et de la greffière.
Le 15 juin, le président de la Cour a reçu Toni Gogu, ministre albanais de la Justice. Darian Pavli, juge élu au titre de l'Albanie, et Abel Campos, greffier adjoint, ont également assisté à cette réunion.
Discours du président lors de la conférence informelle des ministres de la Justice du Conseil de l'Europe
Le 16 juin 2026, le président de la Cour, Mattias Guyomar, s’est adressé aux participants à la conférence informelle des ministres de la Justice du Conseil de l’Europe, qui se tenait à Strasbourg. Organisée sous la présidence monégasque du Comité des Ministres, la conférence a porté sur la lutte contre la criminalité financière et elle visait à renforcer la capacité des systèmes judiciaires à faire face aux menaces financières et technologiques actuelles.
Le président de la Cour a évoqué le rôle de la Cour dans l’efficacité de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Il a observé que le système de la Convention est particulièrement adapté pour accompagner et soutenir l’action des États dans la lutte contre la criminalité financière.
« La Convention constitue le cadre juridique commun en Europe dans lequel doivent se déployer les actions menées par les États », a déclaré le président Guyomar, ajoutant que les garanties conventionnelles participent à la légitimation des mesures qu’ils adoptent.
Citant la jurisprudence de la Cour, le président a conclu que la lutte contre la criminalité financière, qui est une question d’ordre public et un enjeu démocratique, doit être inscrite dans un cadre pleinement respectueux de l’État de droit, y compris à l’échelle internationale.
Activités judiciaires

Les mesures visées par l’article 39 du Règlement de la Cour sont prises dans le cadre du déroulement de la procédure devant la Cour et ne préjugent pas de ses décisions ultérieures sur la recevabilité ou sur le fond des affaires en question.

Ineffectivité d’un recours contre l’exiguïté de conditions de détention pour un détenu condamné à la perpétuité réelle privé de toute chance d’indemnisation.
Dans l’affaire Ottlakán c. Hongrie, la Cour a conclu à la violation du droit à un recours effectif combiné avec le droit à l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants.
Dans cette affaire, le requérant tirait grief d’un défaut d’accès, par l’effet d’une loi entrée en vigueur en 2021, à une indemnité qui lui avait été allouée pour l’exiguïté de ses conditions de détention. En vertu de cette loi, cette indemnité avait été mise sous séquestre sur un compte de dépôt (géré par l’établissement pénitentiaire) jusqu’à la libération du détenu.
La Cour a jugé qu’en l’absence d’un mécanisme de réexamen de la peine de perpétuité réelle infligée au requérant réellement susceptible d’aboutir à sa libération, il n’avait aucune chance de percevoir l’indemnité qui lui avait été allouée. Dès lors, subordonner le versement de celle-ci à la remise en liberté du requérant irait à l’encontre de l’impératif de célérité nécessaire pour qu’un recours soit effectif au sens de l’article 13.

Un manifestant anti-COVID à Belgrade inéquitablement condamné en 2020.
Dans l’affaire Iskrenović c. Serbie, la Cour a conclu à la violation du droit d’obtenir la convocation et l’interrogation de témoins.
L’affaire concernait la condamnation du requérant en 2020 à l’issue d’une procédure pour infraction mineure d’outrage à la police, dans le contexte de troubles sociaux nés des restrictions imposées par le gouvernement pendant la pandémie de COVID-19.
La Cour a jugé que toute l’affaire reposait sur la crédibilité du récit livré par le policier auteur de l’arrestation, qui était différent de celui livré par le requérant. La demande de ce dernier tendant à ce que les juridictions serbes entendent un témoin oculaire et obtiennent des enregistrements vidéo tirés de caméras de surveillance n’était donc ni déraisonnable ni chicanière. De tels éléments auraient pu permettre de déterminer si le requérant s’était trouvé à une proximité suffisante des policiers pour les insulter ou si ce sont les policiers qui l’avaient remarqué et l’avaient suivi. Or les juridictions nationales ne se sont pas dûment penchées sur la pertinence d’éléments de ce type et n’ont pas suffisamment motivé leur refus de les recueillir et de les examiner. Au bout du compte, la condamnation du requérant reposait essentiellement sur le témoignage du policier auteur de l’arrestation, de sorte qu’il était impossible à la défense de contester effectivement les arguments de l’accusation, ce qui a nui à l’équité globale du procès.

Le 15 juin 2026, la Cour a rejeté six demandes de renvoi devant la Grande Chambre.

La Grande Chambre saisie d’une affaire relative à la surveillance secrète alléguée d’un homme d’affaires hongrois.
La chambre de la Cour à laquelle l'affaire Knopp c. Hongrie avait été attribuée s’est dessaisie en faveur de la Grande Chambre.
L’affaire concerne un homme d’affaires hongrois âgé de 88 ans qui fait l’objet d’une enquête aux États-Unis pour racket international et qui craint que, à la demande des autorités américaines, les autorités hongroises n’aient enregistré ses conversations téléphoniques et surveillé ses courriels.

La décision par laquelle un tribunal national a autorisé l’hospitalisation d’office de la requérante pour accoucher était raisonnable au vu des circonstances.
Dans l’affaire C.P. c. Espagne, la Cour a conclu à la non-violation du droit au respect de la vie privée et familiale.
L’affaire concernait l’hospitalisation d’office, par une décision de justice, d’une femme en vue d’un accouchement, malgré son souhait d’accoucher à domicile, en raison d’un risque d’hypoxie foetale et de mort foetale intra-utérine.
La requérante était tombée enceinte en 2018 et avait décidé d’accoucher à domicile. En avril 2019, alors qu’elle était enceinte de 42 semaines et deux jours, elle s’était rendue à un examen de contrôle à l’hôpital, au cours duquel un risque pour elle et pour son enfant à naître avait été repéré. Saisi en urgence par l’hôpital, un tribunal de permanence avait ordonné l’hospitalisation d’office de la requérante pour déclencher l’accouchement si nécessaire.
La Cour a jugé que la base légale de l’ordonnance avait fait l’objet d’un examen approfondi par les juridictions nationales. Le Tribunal constitutionnel avait jugé que, bien qu’aucune disposition légale expresse ne permît d’ordonner l’hospitalisation d’office pour un accouchement considéré comme présentant un risque pour la vie du fœtus, le régime juridique retenu par la juridiction de permanence était raisonnable et suffisant. Il n’a pas tiré cette conclusion de manière arbitraire ou manifestement imprévisible et, de manière générale, les juridictions nationales avaient interprété et appliqué la loi de manière acceptable. La Cour déclare également irrecevable, à l’unanimité, le grief de violation de l’article 5 (droit à la liberté et à la sûreté).
Communiqués de presse sur d’autres arrêts et décisions
18 juin : 7 arrêts et 17 décisions
16 juin : 6 arrêts










